Tea Storm

TEA STORM

Ça vous dirait d’écouter de la musique de gens qui en écoutent aussi ?

Les membres de TEA STORM ne font pas de la musique comme ils feraient du modélisme, avec des petits gestes d’orfèvre, compris uniquement par d’autres orfèvres aux gestes encore plus restreints.

TEA STORM rejoue des scènes de champs de bataille, dans le respect des traditions, mais en grandeur nature.

TEA STORM est un groupe entre l’encyclopédie et le manuel pratique.

Les trois TEA STORM ne se voit qu’une demi-douzaine de fois par an. Ça suffit rarement, mais c’est assez pour un premier 25 cms et six chansons viscérales. Quand ils se retrouvent, ils boivent quasiment autant de thé qu’ils font de la musique. C’est parce que pendant ces longues pauses canapé, ils répètent aussi intensément qu’avec leur instrument entre les mains. Comprendre : ils radotent tendrement pour mettre au point leur érudition musicale. C’est un élément qu’il ne faut pas négliger, un muscle qu’ils travaillent pour savoir où ne pas mettre les pieds une fois passé le seuil de la salle de répétition.

Après des litres de thé ingurgités et rendus, Les TEA STORM sont maintenant tombés d’accord sur des points essentiels dans leur activité de musiciens-mélomanes. Ils sont capables de proclamer sans sourciller, l’index entre vos côtes :

– Quelle est la meilleure période des PRETTY THINGS

– Les raisons pour lesquelles MARK E SMITH de THE FALL devrait être anobli

– La qualité principale de TAV FALCO

– Pourquoi un seul ALEX CHILTON vaut mieux que trente Jack White

– Le nom de ceux qui constituent la formation idéale des FLAMIN GROOVIES

Ils connaissent même les raisons qui devraient retenir quiconque d’acheter les récents remasters des BEATLES.

L’un deux essaie encore régulièrement de convaincre les autres à quel point NRBQ reste le meilleur groupe a avoir foulé la planète Terre, mais il devra attendre la prochaine tournée d’eau chaude pour retenter sa chance et convaincre.

Une fois tout ça posé, l’inspiration vient plus vite. Il ne reste plus que le travail. Et ils sont prêts pour les interviews musclées et unilatérales.

De toute façon, une partie non-négligeable du travail a été fait en amont. Les trois membres de TEA STORM ont cumulé les activités street-cred avant de se lancer dans n’importe quoi qui leur tendrait les bras :

STEVE MARIOLL est le grand magicien de Appertte Recordings. Un producteur qui pratique le métier comme quand le métier avait encore du sens. Le poids des maux, le choc des couteaux. Les Lookers et les Dicktracy Lords, entre autres, lui disent merci. Avant ça, il jouait dans des groupes (FA-Cé-LA et STRESS) qui ont des têtes à se faire rééditer en format deluxe quand il y aura prescription. Dans TEA STORM, c’est la guitare piquante. Il habite Saint-Etienne.

CRYPTE SUZETTE pourrait facilement être élu maire de sa ville à l’applaudimètre s’il n’avait pas déjà un boulot à plein temps. Lui a de multiples expériences dans l’activisme musical (organisation de concerts, discussions animées autour d’un verre…), notamment au sein de la vénérable organisation Nerfs à vif (since 1995). Dans TEA STORM, c’est la batterie vintage. Il hante Saint-Etienne.

JOE STREMON est le parisien de la bande. Il ne donne pas sa voix à n’importe qui, mais a un planning compliqué avec tous les groupes qui ont joué ou jouent encore derrière lui (Mega Sonic Boom Blast / Turtle Ramblers / Dicktracy Lords…). Dans TEA STORM, c’est le narrateur résolu.

La pochette du disque est signée JADE BEGEL et son style empêchera toute catégorisation hâtive dans n’importe quelle musique de genre. Celle-ci constitue donc un excellent prélude à l’écoute de ces six titres, rapidement actifs et intenses comme l’infusion du thé noir.