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« Eux mettaient tout le monde d’accord. Les amoureux de power pop, les fondus de garage rock et même les punks. Les Real Kids étaient tout ça à la fois. Rock’n’roll, foncièrement rock’n’roll.
Avant que Jerry Harrison ne se retrouve à pianoter derrière le hoquetant David Byrne, John Felice annonçait déjà qu’il y avait une vie après les Modern Lovers. Comme les trains, un songwriter peut en cacher un autre. N’ayant jamais pu dis- puter dans ce domaine la suprématie de son pote Richman, le chevelu guitariste préférait partir et fonder son propre groupe : les Kids, puis les Real Kids. Circa 72, déjà. Mais ce n’est qu’en année punk, avec un line-up enfin stabilisé, que Felice

aura la possibilité de graver les sillons qui vont quasiment définir le son du ‘Boston Rock’ pendant une décennie. Sur Red Star. Les Real Kids ouvrèrent le bal en compagnie de Suicide des publications du label fameux créé par Marty Thau (les plus Sherlock Holmes d’entre vous remarqueront l’étoile rouge également présente sur la pochette du premier LP du duo fou). Sûr, question commerce, l’ex-manager des Dolls avait le nez bouché. Mais que la grâce lui soit rendue pour avoir permis à ces gens-là d’enregistrer ce petit bijou taillé à la high energy.

Quand un groupe reprend du Eddie Cochran et du Buddy Holly, c’est déjà bon signe. Mais quand un groupe ose nous offrir dès le début ce truculent « All Kindsa Girls », au riff qui chatouille allègre, alors là on est paraît pour un garde à vous du bonheur pendant plus d’une demi-heure. Ça s’enchaîne tel quel. Qui atteint la fin de The Real Kids, atteint la plénitude. Proverbe de moi. Fougueusement narré par la voix raclée de John Felice, qui quand elle s’énerve s’accorde sur les vocalises d’un Mick Jagger, un rock au cordeau popéisant à la ‘shalalala’. Caresse (« Better Be Good ») et gifle (« Reggae Reggae »).

Classique, The Real Kids. Sans suite. Enfin pas tout de suite. L’insuccès aidant, les bostoniens se séparent au dé- but des années 80 sans que grand monde ne s’en émeuve. Tragédie habituelle. Dans la dèche, John Felice, lui le sosie non-officiel de Johnny Ramone, devient même pendant un temps roadie des faux-frères new-yorkais. Puis, possibilité offerte, le songwriter repartira combattre médiator en main, lançant des assauts éparses avec ou sans ses gamins. »

 

Biographie par XSilence